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Cyberactivisme : Anonymous

Par Vicente Ulive-Schnell le 12 sept. 2011 18:35:56 - First article

La parution de la toile à certainement changé les relations humaines, notamment en créant un réseau dans lequel les structures traditionnelles de pouvoir se voient basculées. Nous sommes en train de voir –et de vivre- une véritable révolution ; par "révolution" nous entendons un changement radical de la façon dont nous pensons aux choses. Néanmoins, il n'y a pas de changement sans résistance, comme nous pouvons le constater lorsque nous voyons l'attitude des multinationales de la musique et des films. Celles-ci semblent ne pas avoir compris que, dans le monde contemporain, elles ne peuvent pas vendre la musique comme elles le faisaient dans les années '80. Le public a changé sa façon de concevoir "la musique", la manière de penser aux films et aux Cds. Ce n'est pas en avançant un discours ridicule sur le téléchargement qui traite les utilisateurs de "voleurs" ou de "pirates" (est-ce que vous avez déjà entendu un utilisateur de BitTorrent crier, "mille millions de mille sabords" ?) qu'ils vont forcer le public à revenir sur une pratique et une consommation de la musique anachronique.

En tout cas, pour tous ceux cherchant à devenir riches du jour au lendemain en créant la prochaine mode sur Internet (le prochain Facebook, le prochain Twitter), il y a un trou à combler dans cette relation "monde virtuel – musique". L'entreprise qui trouvera l'équilibre juste entre la consommation de musique que font les internautes et les attentes économiques des maisons de disques deviendra certainement très, très riche. Cela sera peut-être le cas de Turntable.fm ; mais vu les réticences des multinationales de la musique à faire moins de profit, il est plutôt probable qu'ils trainent ce site en justice et qu'ils le fassent fermer pareil que Napster, les logiciels Torrent et les sites d'écoute en ligne comme Deezer ou Spotify, désormais payants.

Cependant, nous voulions parler ici d'un sujet beaucoup plus polémique, celui de l'activisme sur la toile. Car l'ouverture des structures de pouvoir que représente l'Internet (le fait d'avoir un accès presque direct aux contenus : lire un blogue sans passer par un éditeur ; écouter un groupe sans passer par une maison de disques ; regarder des vidéos sur YouTube sans censure) a aussi inauguré une époque de luttes acharnées entre des "cyberactivistes" et des "corporations".

L'un des groupes qui ont le plus fait parler de lui récemment est le collectif "Anonymous" (anonymes, en anglais). Ce group, structuré comme une organisation terroriste par des cellules et sans un pouvoir central, est né à partir des chaines ouvertes de 4Chan. Ceci est "l'ombre" d'Internet, pour ainsi dire, un espace complètement libre où les gens peuvent échanger des informations et faire des connaissances de manière anonyme dans les différentes salles virtuelles de discussion.

Ainsi, sous le slogan de "Nous sommes Anonymous. Nous sommes Légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n'oublions pas. Redoutez-nous", et toujours cachés derrière des masques de Guy Fawkes (une référence au film/bande dessinée "V de Vendetta"), les gens d'Anonymous manifestent contre ceux qu'ils accusent de menacer la liberté sur Internet. En 2010, par exemple, ils ont mené une attaque contre l'entreprise MasterCard, puisque celle-ci avait gelé les comptes de WikiLeaks. Ils menacent les dictatures qui veulent contrôler la toile et censurer des contenus, affirmant que, si le gouvernement "ferme" Internet, Anonymous "fermera" ledit gouvernement.

Alors, Anonymous, cyberactivistes pour la liberté, ou ciberterroristes manipulés par des intérêts individuels ? À vous d'en juger…

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