J’aurais dû commencer ce texte avec un signe d’interrogation, car rien n’est plus incertain que le futur de la musique sur la toile. Néanmoins, les tendances se répètent et réapparaissent, ce qui nous laisse avancer quelques idées à ce sujet. Par exemple, il est clair que les utilisateurs vont toujours échanger leur musique, se passer des CD, les graver, etc. C’est dans la nature même de la musique comme culture : hormis le fait d’apprécier une chanson ou un groupe, nous avons envie de partager cette expérience de l’écoute avec nos amis. C’est pourquoi les États peuvent faire tous les efforts qu’ils veuillent, ils peuvent passer des lois comme l’Hadopi en France ou la Sinde en Espagne, les gens trouveront toujours un moyen de partager leur musique.
Dans ce sens, il y a une grosse opportunité financière pour celui (ou celle) qui trouvera le moyen de créer un système de partage en ligne sans se mettre à dos les multinationales de la musique. Parce que, des systèmes pour l’échange, il y en a toujours eu, mais dès qu’ils deviennent populaires (comme Napster ou Torrent), ils s’attirent la colère des maisons de disques, car ils ne payent pas des droits d’auteur.
Mais ces droits d’auteur sont en train de changer. D’ailleurs, il est frappant de constater que, dès qu’un nouveau système d’échange apparait, personne ne sait très bien si c’est légal ou pas. Les lois, telles quelles, sont obsolètes et doivent s’interpréter sous la lumière de notre époque. S’ensuivent de véritables guerres juridiques où chaque partie essaie de lire le mot « contenu virtuel » comme bon lui semble. Maintenant que nous évoluons vers une conception de la toile comme « nuage » d’information, toutes ces inquiétudes reviennent avec force.
Ainsi, la meilleure idée « grise » (voulant dire, « on ne sait pas trop bien si c’est légal ») à propos de la musique est certainement les salles d’écoute en ligne ou listening rooms. Nous avons déjà parlé sur Webdepart de Turntable.fm, un site qui vous permet de partager votre musique avec d’autres participants. Le principe est de faire le DJ à tour de rôle, avec les autres participants donnant leurs avis et leurs votes sur le gout du DJ en question. Un très bon score vous permet de répéter et de choisir la chanson suivante, un mauvais scores vous font éjecter de la salle d’écoute.
Lors de notre article sur Turntable.fm, nous avons affirmé que le site n’avait rien à craindre s’il restait incognito, avec peu de participants. Les maisons de disques ne se soucient pas des petits sites Web. Mais Turntable n’arrête pas de grandir et de s’élargir et de faire parler de lui, et c’est là que les problèmes peuvent commencer à apparaitre.
Néanmoins, le site a peut-être trouvé la justification juridique pour que tout le monde soit content. Car Turntable peut se définir en tant que Webcast, une appellation donnée aux radios, par exemple. Puisqu’il ne fait pas de chansons à la demande comme YouTube, le site pourrait éventuellement être considéré comme un programme sur la toile.
De cette manière, le site doit envoyer un compte rendu détaillé par mois à SoundExchange, avec la liste de morceaux passés et la fréquence desdites chansons. Ensuite, SoundExchange demande au site une certaine quantité d’argent qu’il distribue auprès des artistes.
C’est, jusqu’ici, la façon « légal » de procéder. Évidemment, il y a toujours des problèmes : SoundExchange possède environ 40 millions de dollars américains en droits d’auteur impayés, puisqu’ils n’arrivent pas à identifier l’artiste. Le morceau de « various artists », nommé « Track 1 », semble très populaire...
Cependant, c’est déjà un grand pas en avant depuis le temps de Napster. La flexibilité et la liberté des sites comme Turntable.fm sont en train de trouver un énorme écho parmi les utilisateurs d'Internet. Tellement, que récemment des chanteurs pop comme Lady Gaga et Kanye West ont donné de l’argent au site. Ainsi, bien que la question du droit d’auteur soit toujours « grise » en ce qui concerne les salles d’écoute, le soutien des icônes mainstream comme ceux mentionnés auparavant peut sans doute aider à que les multinationales de la musique essayent de réfléchir au futur de la musique, au lieu d’entraver toute tentative d’adapter notre façon d’écouter des chansons au monde virtuel contemporain.
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Le futur de la musique en ligne
Par Vicente Ulive-Schnell le 23 août 2011 09:41:07 - First article
Vicente Ulive-Schnell
Écrivain des romans de fiction en espagnol. Scénariste. Réalisateur de courts-métrages. Journaliste gonzo. Bloggeur. Poète maudit.
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